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Projets et Expérimentations

Les expérimentations techniques : Les Prairies à Flore Variées

Le but est de développer des Prairies à Flore Variée (PFV) pour améliorer l’autonomie fourragère des élevages de ruminants biologiques et la qualité des fourrages produits (santé et performances des animaux).

Face aux aléas climatiques de plus en plus fréquents (longue période de sécheresse estivale dans le Lot), les éleveurs cherchent des systèmes d’exploitation durables. En AB, on travaille sur l'implantation de cultures plus résistantes dont les prairies à flore variée (intérêt en termes d’autonomie et de souplesse).

Les premiers essais ont été initiés en 2017 par Bio 46 dans des élevages bio lotois (aujourd'hui, 36 hectares sont en essais). Bio 46 leur assure un accompagnement ainsi qu’un appui technique : suivi des parcelles, analyses en laboratoire (taux de matière sèche, taux de matières azotées totales, cellulose brute, digestibilité de la prairie), formations collectives et rencontres techniques organisées autour de leurs essais.  En partenariat avec Vladimir Goutiers (ingénieur de recherche à l’INRA UMR AGIR de Toulouse), Bio 46 souhaite établir des références locales de terrain qui seront consultables sur l’outil CAPFLOR.

 

L'achat des semences est à la charge des éleveurs (avec budget max demandé). Bio 46 prend en charge le coût des analyses en laboratoire. Pour obtenir des données fiables, le projet est pluriannuel par essence. Les achats de semences fourragères sont possibles.

Ces essais de mélanges prairiaux prennent en compte de nombreux paramètres concernant les parcelles (localisation, pH, texture du sol, niveau de fertilité en azote...), les attentes des éleveurs (pâture, fauche, type de troupeau, pérennité du couvert souhaitée, résistance...) et les principales filières animales lotoises sont représentées (ovin viande, bovin viande, bovin lait, caprin lait). Aujourd'hui, les mélanges sont composés de : Graminées (entre 38 et 41%), Légumineuses (environ 37% pour les parcelles ayant maintenu un bon taux et 20% pour les parcelles ayant souffert de la sécheresse) et de Diverses (plantain, chicorée notamment, intéressantes en sécheresse, entre 16 et 21%).

Les critères relevés et étudiés 2 fois par an sont très nombreux et complets (analyses visuelles, en laboratoire...) : Volumes d’herbe et de matière sèche produite, maladies, résistance, composition, qualité nutritionnelle, valeurs alimentaires, l’implantation des mélanges, cohérence production du mélange/ besoins de l’éleveur, comportement des animaux (refus), impacts sur la santé (ex. parasitisme), impacts sur la production (ex. quantité de lait)...

Ces résultats permettront de valider une méthodologie simple pour concevoir des compositions prairiales. En 2020, des réunions de restitution des résultats auprès des éleveurs devraient avoir lieu, animées par Bio 46. La diffusion des résultats à l’issue de l’expérimentation sera faite par de nombreux moyens (publication d’articles, outil en ligne Capflor, démonstration, visites d’essai, réunions, formations, réseau d’information, site internet, revues techniques, newsletters, journées techniques, salons, niveau régional, national, européen...).

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Les expérimentations techniques: Dérobées

Le but est de renforcer l’autonomie alimentaire des élevages de petits ruminants biologique de moyenne montagne en utilisant des cultures dérobées fourragères résistantes à la sécheresse.

La culture dérobée permet la production de stocks fourragers de haute qualité alimentaire en seulement quelques semaines et peut ainsi venir en soutien de prairies sensibles au manque d'eau ou à faible production automnale. En s’intégrant dans le tour de pâturage ou en permettant des fauches supplémentaires, elles viennent sécuriser le système fourrager des fermes. Les dérobées et les prairies à flores variées sont complémentaires.

L’expérimentation inclue toutes les filières d’élevages principales lotoises et tous les contextes pédoclimatiques lotois. Au regard des aléas climatiques, l’expérimentation suscite de plus en plus d’intérêt. Les essais ont débuté en 2019 avec un seul éleveurs lotois. Pour 2020, une dizaine sont intéressés. Les essais sont reconduits sur 2 ans (pour plus de fiabilité des résultats) a pour objectif , comme pour les PFV, l’établissement de références locales sur la performance d'implantation des mélanges de dérobées et sur la résistance à la sécheresse des variétés testées. Bio 46 accompagne les éleveurs pour les suivis et travaille en partenariat avec Jérôme LABREUCHE et Anthony UIJTTEWAAL, ingénieurs à Arvalis Institut du végétal qui valident le protocole. 

Bio 46 s’attache à proposer aux éleveurs des espèces et variétés dont la résistance à la sécheresse est connue et dont le coût est raisonnable ; ceci tout en s’adaptant aux connaissances, besoins et envies des éleveurs acceptant d’accueillir ces essais chez eux

Exemples de mélanges : vesce commune, vesce velue, trèfle d’Alexandrie, avoine brésilienne, pois fourrager /// moha fourrager, trèfle d’Alexandrie /// un méteil fauche /// trèfle d’Alexandrie, trèfle incarnat, trèfle de Micheli et trèfle scorosum (essai 2019)... D'autres espèces connues pour leur résistance à la sécheresse, leur biomasse et leur valeur alimentaire pourront être essayées (millet perlé fourrager, trèfle vésiculéle teff, les céréales de fermes, chicorée fourragère, navette fourragère…)

Les essais peuvent se faire selon 2 modes de semis : un semis début juin (qui a mal fonctionné en 2019) et un semis après la moisson.

Le protocole est similaire au PFV : définition de la parcelle (caractéristiques pédoclimatiques, attentes des agriculteurs, localisation, pH, usage...), choix des mélanges de dérobées en fonction des caractéristiques choisies, achats collectifs de semences fourragères et semis. Vient ensuite la phase d'évaluation des couverts : relevés botaniques 2 fois par an (pour évaluer les performances d’implantation des différentes espèces dans le couvert), analyses approfondies de la valeur alimentaire (laboratoire LANO) (matière sèche, matières azotées totales, digestibilité cellulosique), rendements fourragers évalués par pesée des récoltes (selon l’implication des éleveurs), zones rendues inaccessibles animaux dans les parcelles... Les mêmes critères que les PFV sont étudiés (calendrier de pâturage, cohérence des périodes de production/besoins de l’éleveur, refus, parasitismes, niveau de production...)

Les résultats des essais seront diffusés au travers de publications départementales et régionales, dans les réseaux partenaires, les établissements d’enseignement agricole, les instituts techniques de recherche, la recherche (INRA), par newsletter, des visites de parcelles ainsi que des formations techniques devraient également être organisées...

 

Diagnostic de fermes et mise en réseau: Bio Viande Massif central

Projet Bio Viandes : un projet collectif pour des filières viandes ruminants biologiques durables sur le Massif Central - Plus d'infos sur le site internet du projet

Ou sur le PDF ici!

Le Massif Central est un bassin majeur de production de viande bio. En effet, il accueille près de la moitié des cheptels bovins et ovins allaitants conduits en AB des quatre régions concernées par ce territoire, à savoir Auvergne–Rhône–Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle Aquitaine et Occitanie (Lot et Aveyron). Bio 46 est partenaire du projet, cohérent avec le projet filière viande porté sur le département du Lot

Ce projet a été initié par une trentaine de structures (amont, aval, développement, recherche et enseignement) du MC (Massif Central). Il est cofinancé par l’Etat sur les fonds FNADT et piloté par le Pôle AB MC (Agriculture Biologique du Massif Central) avec l’appui du GETAB Viandes qui a un rôle de comité de suivi.

Les systèmes allaitants bio sur le MC rencontrent des difficultés : coût de production plus important en zone de montagne, prix élevés des aliments en AB, difficulté à répondre pleinement à la demande, aucun débouché en bio pour les broutards... L'enjeu est de développer des filières viandes bio (ovins et bovins, allaitants mais aussi laitiers) durables à l’échelle MC, valorisant les ressources de ce territoire, tout particulièrement l’herbe, et contribuant au développement local (création d’emplois locaux, rémunération équitable et juste des acteurs de la filière avec maîtrise des coûts pour l’éleveur et le consommateur, amélioration de l’attractivité du territoire, préservation des ressources naturelles…). Ce projet est innovant de part son territoire d’intervention, sa dimension collaborative. (grande diversité d’acteurs : amont, aval, recherche, développement, aval, représentants de territoires et enseignement agricole) et ses approches de travail (problématiques de l’offre et de la demande (actuelles et à venir), aux niveaux local, national ou à l’export, pour la production biologique à l’herbe de maigre et d’animaux finis).

Sur le Lot, l’herbe est la ressource à valoriser pour les élevages. Or, engraisser au maximum à l’herbe reste un défi, d’où la multiplicité des travaux sur cette question. Mais en AB, des éléments rendent cela plus complexe : la non-utilisation d’engrais chimiques, un coût élevé des concentrés biologiques, l’existence d’un cahier des charges…

Bio 46 travaillera donc au développement de débouchés et à lever certains freins à la structuration des filières sur ce territoire.

Les actions se dérouleront en plusieurs étapes : renforcer l'approche collaborative pour le développement des filières bovines et ovines bio (étude des volumes de viande en conversion vers l’AB...), lever les freins techniques pour la finition à l'herbe : 2 enquêtes sur des élevages bio finissant les animaux en 100% herbe (1 ovin viande et 1 bovin viande) et traitement des résultats grâce au logiciel COUPROD analyse des coûts de production), travailler sur le développement des débouchés et sur la perception de la viande produite à l'herbe et une pilotage général et communication

Bio 46 participera à la mise en place d’outils de conseils destinés aux éleveurs (bio et conventionnels), pour améliorer l’accompagnement des éleveurs bio en lien avec l’aval sur le Lot pour favoriser l’utilisation de l’herbe dans la finition des animaux. Elle participera aux suites des enquêtes aval auprès d’opérateurs tels que les bouchers, la RHD et à l’analyse.

 

Projet Révabio (REgularité des Ventes clé de développement de l’Agneau BIOlogique)

C'est un nouveau projet de recherche consacré à la valorisation l’agneau bio. La réflexion se porte sur "comment proposer toute l’année aux consommateurs une viande d’agneau biologique de qualité, tout en assurant un revenu correct aux éleveurs ?" Ce projet Casdar (Compte d'Affectation Spécial Développement Agricole et Rural) compte 15 partenaires dont Bio 46. Il est porté par l’Institut de l’élevage et par l’ITAB (premier comité de pilotage le 28 janvier 2020).

Aujourd'hui, les installations et conversions en ovins viande bio sont en augmentation (progression moyenne annuelle du cheptel ovin bio de 7% depuis 2010). Or, les volumes d’ovins bio chiffrés par la commission Bio INTERBEV révèlent une part significative d’agneaux bio non commercialisés en bio (décalage entre la production et les abattages effectifs). En cause principale, une forte saisonnalité des abattages. Cependant, on note des différences de pics entre le Nord et le Sud. Dans le Nord les agneaux sont prêt à partir de la fin du printemps, et dans le Sud les ventes sont plus fréquentes l’hiver. Ceci pourrait permettre de lisser ces pics par complémentarité sur un plus court terme que l’éducation des consommateurs sur la saisonnalité de la production d’agneau qui est un travail à long terme.

Des chiffrages sur les coûts de production en systèmes herbager ou pastoral ont été commencé. On note un surcoût de la production si on décale les périodes de vente car les plus forts besoin alimentaires ne coïncident plus avec la pousse de l'herbe (alimentation plus chère avec du fourrages et des concentrés, limités par la réglementation AB). La qualité de la viande produite doit aussi être étudiée dans chaque système alimentaire (herbe ou concentrés) avec la différence qu'il peut y avoir en apports nutritionnels notamment(oméga 3, 6 et vitamines). 

Le premier objectif de ce projet est d’étudier les différents itinéraires techniques d’étalement de la production (autonomie alimentaire et coût de production) au sein de chaque exploitation puis de comparer ces résultats entre eux pour trouver des complémentarités entre systèmes (herbe, concentrés...), dans le même bassin et entre bassins.

Dans le Lot, la production d'ovins viande bio est une des principale production du département (en lien avec notre brebis Caussenarde, forte identité du territoire). Or, 20% des agneaux bios produits ne sont pas commercialisés en bio et 50% sont commercialisés en vente directe (entre autre à cause d'une mauvaise conformation bouchère de la brebis Caussenarde et d'une mauvaise valorisation en AB en filière longue). On note deux saisonnalité: printemps et automne.

En parallèle, un travail avec les principaux opérateurs (Geoc, Capel, Aprovia pour le Lot) est indispensable pour pouvoir définir avec eux un objectif de répartition annuelle des ventes en fonction des périodes de consommation locale (résidents à l’année, touristes…) et  des besoins pour les expéditions vers d’autres bassins de consommation. De plus, leurs attentes en matière de qualité doivent être abordées (types d’agneaux, âge, poids, qualités bouchères…).

La participation à ce projet national est pertinente pour le Lot. En effet, cela permettrait de prendre en compte les spécificités lotoises (race, pratiques…), d’analyser des fermes et de calculer leurs coûts de production, d’associer les opérateurs lotois et limitrophes spécialisés à la démarche (Geoc, Capel, Aprovia), et ainsi de relancer de la dynamique dans une filière aujourd’hui morose.

Pour en savoir plus : Communiqué de presse sur Revabio - fév 2020